Evitez que votre pompe à chaleur ne devienne un ogre : l’importance de l’eau de chauffage

En tant que plombier chauffagiste, je suis un peu le magicien qui transforme votre maison en nid douillet (enfin, en théorie !).

Cette semaine, c’est Nicolas, un client avec une splendide maison neuve de 150 m² au cœur du Médoc, là où même les vignes font des miracles. Mais, même dans ce paradis, le drame a frappé !

Sa pompe à chaleur qui devait ronronner comme un chaton, fait plutôt la tête. Elle est usée et dévore l’électricité. On va découvrir ensemble comment un petit oubli de l’installateur peut transformer votre facture d’énergie en un ogre affamé.

Vous pensiez que c’était juste un petit problème de chauffage ? Nannnnn, c’est bien plus épique que ça !

Pourquoi cette pompe à chaleur est en souffrance ? (Accrochez-vous, ça va secouer !)

Malgré toutes les normes RT, (ces cibles techniques merveilleuses), le chemin est long, un peu comme une course d’orientation avec les yeux bandés.

Après une mise en service parfaite, mon collègue et moi avons eu une petite sueur froide en découvrant une pression anormale dans le réseau. C’est là que les problèmes commencent…

Après avoir effectué quelques réglages et installé un thermostat pour chaque pièce, on a eu une surprise de taille : de la boue ! Oui, de la boue dans vos tuyaux, comme après une sortie VTT en forêt sous la pluie.

Cette boue, c’est la star de nos ennuis. Elle peut être ferrique ou galvanique, mais rien de féérique !

Heureusement, cette boue n’est pas une fatalité ! Pour éviter la catastrophe, il faut faire attention à deux choses : les matériaux de vos tuyaux et la qualité de l’eau. Sinon, votre porte-monnaie risque de prendre un sacré coup de boue (plusieurs milliers d’euros, Aïe !)

Les trois points clés pour une installation réussie 

1. Le rôle des matériaux (le feuilleton des tuyaux qui fuient)

Depuis les années 80, on s’est mis à utiliser des tuyaux synthétiques. Le problème ? Ils laissent passer l’oxygène, ce qui oxyde vos métaux et crée la corrosion.  En gros, vos tuyaux se transforment en passoires avant l’heure ! Et en plus, le plancher chauffant à basse température est un vrai spa pour les bactéries, qui créent un biofilm « gluant » qui bouche tout.

Le verdict : Dites adieu au PER qui laisse passer l’oxygène ! Préférez le cuivre, le multicouche ou le tube BAO, des matériaux qui gardent leur oxygène pour eux.

2. Le rôle de la qualité de l’eau (une bonne amie, pas toujours)

La qualité de l’eau : c’est comme le bon vin, ça dépend de la région ! Il y a quatre choses à vérifier :

  • La turbidité : si votre eau est marron, c’est de la boue organique. Si elle est noire, c’est de la boue métallique (encore pire !)
  • Le TH (titre hydrométrique) : Chez mon client, on avait un TH de 30°F, c’est-à-dire une eau aussi dure qu’un caillou ! L’idéal, c’est entre 10°F et 15°F : une eau équilibrée, le juste milieu, la parfaite harmonie !
  • La conductivité de l’eau : l’eau déminéralisée est la solution idéale pour vos installations. Elle atteint l’équilibre parfait, sans faire de vagues.
  • Le pH : l’idéal est entre 8,4 et 10 pour que l’eau soit neutre.

3. Le rôle de l’installateur et de l’Utilisateur : le duo de choc !

Hormis tous ces aspects techniques qui nous donnent le tournis, l’installateur et l’utilisateur sont des alliés pour la survie de votre système. Ils doivent être impliqués et bien comprendre ce qui se passe sous le capot.

Commençons par l’installateur… Le super Héros (en théorie !)

L’expert est censé être la police des polices de l’efficacité énergétique. Sauf que bien souvent, on se contente du « mode pilotage automatique », qui est super pour les explications express, mais pas pour le confort personnalisé.

Le pilotage automatique, la fausse bonne idée !

Chacun a ses habitudes, ses envies de chaleur. Laisser la machine décider pour vous, c’est comme jouer au loto et espérer gagner sans avoir acheté de ticket.

Il faut redevenir maître de votre chauffage et ne pas laisser les réglages automatiques vous dicter votre vie (et votre facture).

Avec mon acolyte, on traite chaque pièce de votre maison comme une personnalité unique. Pas question de chauffer à 19°C une pièce vide ou une pièce où vous faites du sport !

C’est le thermostat d’ambiance qui gère le bal, pièce par pièce. On met la chaleur là où il faut, quand il faut, ni plus ni moins.

Et enfin, l’utilisateur… (rarement le gagnant de l’histoire)

Après 5 ans, le verdict est sans appel :

  • +27% de surconsommation électrique : C’est la boue de chauffage qui fait la fête dans vos tuyaux et vous plombe la facture !
  • Facture de diagnostic de panne, main d’œuvre et pièces détachées : des frais imprévus !
  • Facture de désembouage : Environ 700 € pour vider vos tuyaux encrassés.
  • Corrosion prématurée de la pompe à chaleur : Votre pompe à chaleur qui coûte environ 10 000€ voit sa durée de vie divisée par deux ou trois ! 

L’utilisateur, lui ce qu’il veut, c’est juste avoir chaud ou frais et tourner un bouton. Il n’a pas fait un master en ingénierie thermique, et c’est normal !

La morale de l’histoire, version installateur acharné et impliqué (le bon installateur)

Pour résumer notre feuilleton du chauffage, on peut dire que derrière la simplicité apparente d’un bouton de thermostat se cache un véritable champ de bataille.

Entre la boue sournoise qui s’incruste, les matériaux « passoires » qui laissent passer l’oxygène et une eau capricieuse qui décide de faire la fête avec le calcaire ou la corrosion, votre pauvre pompe à chaleur est souvent en mode « survie ».

Mais la bonne nouvelle, c’est que cette histoire n’est pas une tragédie sans fin. Le secret d’un chauffage heureux et d’un portefeuille qui ne pleure pas, c’est de jouer collectif.

En tant qu’installateur, notre mission est de donner les clés à l’usager pour piloter intelligemment sa pompe à chaleur. L’utilisateur est ainsi armé d’une bonne compréhension de son système. Fini le pilotage automatique à l’aveugle ! 

Dès la conception du projet, il faut privilégier les meilleurs matériaux, même si l’investissement de départ est un peu plus salé.

Pourquoi ? Parce qu’à long terme, on évite des tonnes de galères et le client économise sur ses factures d’électricité et d’eau.  Au final, l’investissement initial dans une installation de qualité, c’est un peu comme s’offrir une assurance « santé pour sa maison ». Moins de surconsommation, moins de désembouage surprise et une pompe à chaleur qui ronronne des décennies. C’est ça, la vraie sérénité « thermique » !

Bref, c’est le bonheur assuré !


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